« Flippant le dauphin »

Originaire du Brésil et désormais basé à Charleville-Mézières, Evandro Serodio, personnage extravagant formé à la technique du bouffon auprès de Cédric Paga alias Ludor Citrik, se décrit comme un « Bouffon marionnettiste ». Jusqu’à présent constructeur de marionnettes et d’objets et comédien pour d’autres compagnies, il prépare désormais ce premier projet de création personnel sur la rencontre entre l’homme et le dauphin, en utilisant le théâtre de marionnettes, la ventriloquie et le bouffon.
Evandro Serodio adore provoquer, choquer, voire perturber la société. Il cherche le décalage en permanence, la perte des repères, pour troubler son public. Le rire, la plus grande puissance du monde, ça trouble justement.
Son art est un mélange d’ironie, d’irrévérence, d’humour, grâce à sa capacité à transgresser les codes moraux.

Pendant ce temps de résidence au CRéAM, Evandro Serodio travaillera la partie ventriloquie du spectacle.

Création prévue en avril 2017 au Théâtre de Charleville-Mézières

Le projet

« Immergé dans les bassins de Flippantland, vous aurez la chance de pouvoir caresser les dauphins, de jouer avec eux et même, comme les dresseurs, de leur demander de sauter, de chanter et ils se hâteront d’exécuter tout, absolument tout ce que vous avez envie pour votre plus grand émerveillement !
On vous présente Flippant, notre dauphin star.
Flippant est super câlin et vraiment très joueur!
Découvrir cet animal fantastique dans son bassin et en vous amusant, tel est le but de ce moment de partage.
Venez découvrir une relation unique entre l’homme et l’animal.
Bonne rencontre ! »

Note d’intention

Avec ce projet, je voudrais travailler sur les apparences : un dauphin ça a l’air très mignon, gentil et inoffensif dans la représentation qu’on a de lui à travers les films, séries TV, shows de parcs aquatiques, et aussi ce sourire étrange qu’on a l’impression de voir quand on le regarde. Mais en fait comme n’importe quel animal, il peut être très violent, agressif, avoir des pulsions de meurtre, des pulsions sexuelles aussi. Et tout ça s’accentue évidemment si on enferme la bête et qu’on pense qu’elle va nous obéir pour tout. Le dauphin est l’un des animaux les plus intelligents qui existe, et même s’il est dressé, son comportement peut devenir complètement incontrôlable, et c’est ça qui est intéressant. Comment le dresseur peut dire qu’il est supérieur en force et en intelligence à un animal, alors qu’en fait c’est lui la vraie bête. C’est lui qui l’enferme dans un petit bassin et qui va le rendre incontrôlable. Il y a ce qu’on montre dans un spectacle de parc aquatique ou dans un film, et tout ce qui se passe hors champ qu’on ne veut pas nous montrer. Je voudrais aussi parler de tous ces dérapages.

Flippant le dauphin 2 Flippant le dauphin 3

 

Partenaires

Production : Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes de Charleville-Mézières
Coproduction : TJP Centre Dramatique National d’Alsace-Strasbourg
Soutien à la coproduction : CRéAM Centre Régional des Arts de la Marionnette de Normandie
TCM – Théâtre de Charleville-Mézières

Le porteur du projet

Fils de Marie et Joseph, et re-né par erreur au 20ème siècle au milieu des mines de pierres précieuses, dans les lointaines montagnes. Hors normes, difficilement compréhensible, et indiscipliné, il a été expulsé des institutions et écoles. Quand il était petit, il jouait avec des animaux pour s’amuser. Il avait un grand attachement pour ces bêtes et dans son jeu, il finissait par les tuer. Parfois quand il caresse un animal, il se souvient comment il traitait certains animaux et ça le met dans un état trouble. Depuis, il continue à pratiquer la taxidermie. Il se frotte dès l’age de 10 ans au travail pour pouvoir être indépendant et pour réussir ce qu’il veut, alors il délaisse très tôt l’enfant qu’il était. Poursuivi par d’étranges prédateurs et traité différemment des autres, il est nommé Serodio, comme un être détestable: « Ser » c’est l’être ; et « Odio » signifie odieux dans sa langue maternelle. Il rencontre la marionnette lorsqu’il joue avec les santons et personnages de la crèche géante de Noël. À cette même époque, il rencontre Jésus. Issu d’une famille très catholique, entouré de quelques disciples, il a été enfant de choeur, a fait sa première communion, sa confirmation comme tous les autres membres de sa famille, sans exception. Ensuite après avoir volé une grande quantité d’hosties à l’église, il part vers la montagne du nord pour ne plus suivre le droit chemin. Il se lance dans une carrière de prédication itinérante en expérimentant différentes guérisons (travaille comme plasticien sur les arts du cirque, marionnette, théâtre et danse) et exorcismes (interprétation sur la scène, jeu d’acteur, danseur et marionnettiste). Il prend la décision d’aller à la rencontre de gens que sa mère aurait appelés » les dégénérés du monde de la poupée », comme Michel Dejeneffe, Stephen Mottram, Frank Soehnle, Agnès Limbos, Gavin Glover, Duda Paiva, Eduardo Felix, David Girondin Moab, Ana Maria Amaral, Jaime Lorca, et Patrick Sims entre autres. Sa résurrection grâce à ces disciplines des arts variés et surtout la rencontre avec sa compagne mécréante le fait atterrir dans un pays étranger. Il y découvre le langage des signes avec sa belle-mère et ensuite il visite les arts du mime et du geste avec Ivan Bacciocchi à Paris. Il apprend qu’il deviendra un grand singe dans la vie grâce à une mutation sur la région de son coccyx. Et maintenant il comprend pourquoi il était traité différemment. Il subit une opération chirurgicale où il se fait enlever sa queue de singe. Cet acte sera mémorable et très important pour la suite de ses aventures, comme sa rencontre avec Cyril Casmèze, avec qui il débute le travail sur l’animalité et les acrobaties zoomorphes. Formé à la ventriloquie avec Michel Dejeneffe, il mobilise cet art dans ses créations personnelles autour des dauphins et d’autres animaux en captivité, (des dinosaures et des vaches aussi).

Il plonge notamment dans le travail sur le Bouffon avec Cédric Paga alias Ludor Citrik et Guillaume Balliart.

La figure du Bouffon prend alors une place majeure dans son travail et sa manière de voir les choses. Il se rend compte qu’il a dû quitter très vite l’enfant qu’il était et aujourd’hui il essaie de le rattraper en jouant face au public. C’est à ce moment-là qu’il décide de faire appel à « Ô Dieu », nom qui a marqué son enfance entre les odieux et les enfants de chœur. Il crée donc son bouffon en le nommant « Ô Dieu », qui l’accompagnera pour toujours à son côté. Amen

Rencontre avec le public
mercredi 16 novembre à 19h

Le CRéAM vous invite à rencontrer l’équipe artistique pour parler de ce projet de création et partager un apéritif.

Accessible à tous en entrée libre dans la limite des places disponibles

Au CRéAM, avenue Albert 1er à Dives-sur-Mer

D’ici là, pour plus d’infos sur son travail, découvrez le site de l’artiste http://www.evandroserodio.com/

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