« Michelle, doit-on t’en vouloir d’avoir fait un selfie à Auschwitz? »

Création 2017
Théâtre visuel et de marionnettes
A partir de 14 ans

NOTE D’INTENTION – Sylvain Levey

« Pendant les vacances d’été 2014 j’ai lu un article : « Doit-on en vouloir à la jeune fille qui a fait un selfie à Auschwitz ? ». Une jeune américaine lors d’un voyage scolaire en Pologne se prend en photo à l’intérieur du camp d’Auschwitz. Sur la photo qui accompagnait cet article le portrait en mode selfie souriant de cette jeune fille avec derrière elle les baraques du camp de concentration.
Suite à la publication de son selfie sur les réseaux sociaux, la jeune fille a reçu une multitude de commentaires l’insultant, la méprisant, certains lui conseillant de mettre fin à ses jours.
Suite à ces commentaires et au scandale qu’a provoqué cet autoportrait la jeune fille s’est justifiée en parlant d’un hommage à son père décédé qui était passionné par l’histoire de l’holocauste. Cette jeune fille a même été invitée sur des plateaux de télévision pour raconter son histoire.
J’avais ici mon point de départ, le parcours de cette jeune fille  qui allait devenir point central d’une pièce de théâtre.
Je pensais immédiatement à la proposition d’Antonin Lebrun de la compagnie Les Yeux Creux. Nous avions discuté, quelques semaines auparavant, au cours d’une séance de travail, sur ses envies de travailler avec moi pour les adolescents en vue d’une création où la marionnette aurait une place importante. Je relis quelques notes que j’avais prises lors de ce déjeuner de travail : le mot « honte » y était griffonné dans un coin de page. C’est ce mot qui pose la question de départ de ce texte : Avoir honte ? Ou pas ? Est ce grave ? Ou pas ? La honte individuelle de cette jeune fille, la honte collective qui nous hante toutes et tous.

 

NOTE D’INTENTION – Antonin Lebrun

« Nous avons tous une manière différente de nous approprier les instants importants de nos vies. Chacun sa façon de se souvenir de ce qui nous touche. La photographie a permis de figer ces instants en espérant les rendre précieux comme des objets à tel point que le selfie en est peut-être son apogée. Nombreux sont les blogs qui se constituent comme sanctuaires de la mémoire, où les gens viennent déposer des instants d’eux-mêmes dans la mémoire collective. Rituel quasi systématique pour certains, à en croire que, sans ça, le souvenir n’existe pas.
« Je ne l’ai pas vécu si le monde ne peut pas voir que j’y étais » au risque de ne plus savoir où je suis au moment du cliché ? « Là c’est moi avec mon chien. Là je suis avec ma meilleure amie. Là devant la tombe de Jim Morrison. Là je mange un muffin trop bon. Et là je suis avec mon grand-père à l’hôpital deux heures avant qu’il meurt »
Et toujours avec le sourire.
Maintenant je me trouve devant un charnier fantôme d’une soixante dizaine d’années.  Je ne comprends pas la totalité de ce qu’il représente. Mais je sais que je suis ému et que je veux m’approprier cet instant… Une autre personne le garderait dans sa mémoire silencieuse, moi Antonin Lebrun j’aurais envie de le dessiner. Ok. Et les quelques personnes qui pourront voir mon dessin seront touchées, ou pas, par la façon propre de styliser cet instant.
Ok… Mais Michelle ?  Michelle n’est pas silencieuse et Michelle ne dessine pas… alors…
Je suis dépité par l’amalgame international qui se fait entre l’honneur, la mémoire, la jeunesse, le savoir, les religions, les ressentis, les symboles, la bêtise, le respect, la guerre, la culpabilité, et j’en passe… aussi dans tout cela se perd le choc des images devenant le « non-sens de l’image ».
Je fais du théâtre d’image (en en assumant même le sens parfois péjoratif) et par l’image je voudrais dire le texte de Sylvain pour mettre au même niveau le selfie d’une adolescente inconsciante d’un holocauste passé, et une photo d’une poignée de mains politiciennes pleinement conscientes d’un charnier futur ».

LE PORTEUR DU PROJET

Originaire de Bretagne, Antonin Lebrun a d’abord travaillé avec différentes compagnies de Bretagne, et s’est formé au jeu de comédien au Conservatoire National d’Art Dramatique de Brest. Il se consacre parallèlement à un travail d’illustrateur de bandes dessinées. Il synthétisera ces disciplines en intégrant, en 2005, l’École Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette (ESNAM) à Charleville-Mézières. En mars 2010, Antonin revient à Brest et fonde La Compagnie Les Yeux Creux, première compagnie de marionnette de la ville ! Cette nouvelle création sera la septième de la Compagnie. Le CRéAM a déjà accueilli la Cie les Yeux Creux en résidence et sur le festival RéciDives 2015 avec sa précédente création pour le très jeune public « Choses ».

DISTRIBUTION

Mise en scène – Antonin Lebrun
Texte – Sylvain Levey
Assistante à la mise en scène – Juliette Belliard
Comédiens – Anaïs Cloarec & Antonin Lebrun
Dramaturgie / regard extérieur – Pauline Thimmonier
Scénographie – Vincent Boursier / Antonin Lebrun
Marionnettes – Juan Perez Escala / Antonin Lebrun
Costumes – Ariane Cayla
Musique – Pierre Bernert
Régisseur son : Guillaume Tahon
Création lumière – en cours
Second régisseur de tournée – en cours
Production – Sarah Favier et Jérôme laupretre
Amdinistration – Isabelle Recoing-Dewintre

 

PARTENAIRES

Avec le soutien de
– La Maison du Théâtre à Brest (29)
– La Paillette à Rennes (35)
– La Compagnie Tro-Héol (29)
– Le CRéAM de Dives-sur-Mer (14)

Rencontre avec le public
jeudi 8 décembre à 19h

Le CRéAM vous invite à rencontrer l’équipe artistique pour parler de ce projet de création et partager un apéritif.

Accessible à tous en entrée libre dans la limite des places disponibles

Au CRéAM, avenue Albert 1er à Dives-sur-Mer

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